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1158109/07/2011

Il a épousé une femme avant la fin de son délai de viduité observé suite au décès de son mari

Question: 170835

Voici un homme qui a épousé une femme au cours de son observance du délai de viduité suite au décès de son mari. Cela s’est passé il y a près de trente ans dans l’ignorance des dispositions de la charia. Elle a aujourd’hui des enfants avec le deuxième mari. Que devrait elle faire?

Louanges à Allah et paix et bénédictions sur le Messager d'Allah et sa famille.

Louanges
à Allah

Premièrement,
la femme ayant perdu son mari doit observer un délai de viduité de quatre mois
et dix jours à partir de la date du décès, à moins qu’elle ne soit enceinte, en
vertu de la parole du Très haut: ceux des vôtres que la mort frappe et qui
laissent des épouse celles-ci doivent observer une période d’attente de quatre
mois et dix jours
(Coran,2:234). Si elle est enceinte , son délai de viduité
prend fin avec son accouchement, conformément à la parole du Très haut: quant
à celles qui sont enceintes leur période d’attente se termine à leur
accouchement
(Coran,65:4). Si elle se marie au cours du délai de viduité , le
mariage est caduc et on doit les séparer.

Ibn
Qoudamah (puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit: «il n’est pas permis à
la femme qui observe un délai de viduité de se marier. C’est avis est admis à
l’unanimité des ulémas, quel que soit le délai de viduité, en vertu de la
parole du Très haut: et ne vous décidez au mariage qu’ à l’expiration du délai
prescrit
(Coran,2:235). Si une telle
femme se marie, son mariage est caduc.» Extrait de al-Moughni (8/100).
Il faut la séparer du second mari et la laisser terminer l’observance du délai
de viduité. Quand elle l’aura terminé , le second mari peut établir avec elle
un nouveau contrat de mariage.

Ibn
Qoudamah (puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit: si cela s’avère, le
second mari doit se séparer d’elle. S’il ne le fait pas on casse le mariage. En
cas de séparation, la femme recommence l’observance du délai de viduité puisque
c’est un droit du premier mari fondé sur un lien conjugaldûment établi. Une fois le délai de viduité
terminé, elle doit en observer un autre pour le second mari. Les deux délais ne
s’intègrent pas car ils résultent de deux unions avec deux hommes. Voilà la
doctrine de Chafii..puis il attribue cet avis à Omar ibn al-Khattab et à Ali
ibn Abi Talib (P.A.a).. Plus loin, il dit : ces deux hommes sont les plus
illustresdes califes et on ne sait pas
que d’autres compagnons les eussent contredit et c’est parce que l’observance
de deux délais représente deux droits dus à deux êtres humains et partant ne
s’imbriquent pas.
Extrait d’al-Moughni (8/101). Une fois le premier
délai de viduité observé, le deuxième homme peut établir un mariage avec elle
dès la fin du délai de viduité.

Ibn
Qoudamah (puisse Allah lui accorder Sa miséricorde):Chafii dit dans le Nouveau
(corpus de ses fatwas): il (le deuxième homme) peut l’épouser après la fin du
premier délais de viduité. On ne lui interdit pas de se marier pendant qu’elle
observe un délai de viduité une fois séparé du deuxième homme car l’observance
du délai est prescrite pour sauver la filiation et protéger l’eau (le sperme).
La filiation s’établit ici. C’est comme si l’intéressé avait convenu avec elle
d’une dissolution à l’amiable et revenait renouer avec elle avant la fin de son
délai de viduité. C’est bon puisque conforme à une vision juste.
Extrait de al-Moughni
(8/100).

Cheikh
Ibn Outhaymine (puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit: ce qui se
conforme le mieux aux règles c’est qu’elle peut se marier avec lui à la faveur
d’un contrat établi après la fin du premier délai de viduité, si toutefois le
second s’estsincèrement repenti devant
Allah le Puissant et Majestueux, car l’observance du deuxième délai lui
revient.
Extrait de charh al-moumt’i (13/383).

Deuxièmement,
bien que ce mariage soit jugé caduc, les enfants qui en seraient issus sont
affilés à leur père en raison de l’existence d’un semblant de mariagedû à l’ignorance du jugement de la religion.

Ibn
Qoudamah (puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit: sion épousesciemment une femme observant un délai de viduité tout en sachant un tel
mariage interdit et si en dépit de cela les intéressés consomment le mariage,
ils sont tous les deux des adultérins et sont passibles de la peine prévue. La
femme n’a pas droit à une dot et l’homme n’a pas le droit de réclamer la
filiation d’un enfant qui serait issu d’une telle union. Si celle-ci est
établie alors que les deux intéressés ignorent l’état de viduité ou
l’interdiction de se marier qu’il implique, la filiation s’établit si un enfant
en nait et la peine est exclue et la dote est due.
Extrait d’al-Moughni
(8/103).

Allah le sait mieux.

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