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576924/04/2013

La mère offre à l’une de ses filles un cadeau reçu de son autre fille

Question: 192429

L’une de mes sœurs a offert à ma mère de précieux bracelets en or, il y a bien des années. Ma mère me les a offerts. Puis l’auteur du cadeau est allée chercher les bracelets auprès de ma mère et l’a interrogée à ce sujet. Moi, je n’ai pas informé ma sœur que les bracelets étaient chez moi. Je les ai vendus du vivant de ma mère et en ai reçu le prix. Ma mère est décédée plus tard, voici 12 ans. Je n’ai pas informé ma sœur des bracelets qu’elle avait cherché jusqu’à sa mort au cours du mois de Ramadan de cette année. Devrais-je donner le prix des bracelets en aumône ou le restituer à ses héritiers à elle?

Louanges à Allah et paix et bénédictions sur le Messager d'Allah et sa famille.

Louanges à Allah

Premièrement, les bracelets
offerts par ta sœur à ta mère étaient devenus la propriété de cette dernière
dès leur réception par elle. Dès lors , elle avait le
droit de les vendre ou de les offrir à qui elle voulait comme elle le voulait.
Ta sœur n’avait plus le droit de les récupérer.

La règle de base en la matière
repose surce hadith rapporté par al-Bokhari (2589) et par Mouslim
(1622) d’après Ibn Abbas (P.A.a) selon lequel le
Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui): Celui qui revient sur son présent
est comme un chien qui vomit puis revient manger sa vomissure.
Selon une autre
version d’al-Bokhari (2622):Nous ne devons pas
fournir un mauvais exemple. Celui qui revient sur son présent est comme un
chien qui vomit puis revient manger sa vomissure.

Abou Dawoud
(3539) et at-Tirmidhi (2132) et an-Nassai
(3690) et Ibn Madja (2377) ont rapporté d’après Ibn
Omar et Ibn Abbas que le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) a dit :Il n’est pas permis à un homme d’offrir un cadeau ou un
présent pour revenir le récupérer , à moins qu’il ne s’agisse d’un père avec
son fils. Celui qui revient sur un don est comme un chien qui, rassasié, vomit , puis revient manger de sa vomissure.
Ce hadith est
jugé authentique par al-Albani dans Sahihi Abou Dawoud.

Ibn Qoudama
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit :Il
n’est pas permis à un donateur de revenir sur son don, ni à l’auteur d’un
présent de récupérer son présent, même si on n’a reçu aucune contrepartie.
C’est-à-dire même s’il n’a pas été récompensé. Ceci ne concerne pas le père car
il est déjà dit qu’il peut récupérer le don qu’il fait à son fils.
Extrait d’al-Moughni (6/65).

Deuxièmement, le fait pour ta
mère de vous offrir les bracelets ne représente aucun inconvénient si elle a
fait des cadeaux pareils à tes autres sœurs. Dans ce cas, les bracelets sont
devenus ta propriété à toi. Si elle te les a réservés à l’exclusion de toutes
les autres, il faudrait voir si elle l’a fait pour une cause précise comme une
pauvreté accentuée qui te distinguede
tes autres sœurs ou une famille nombreuse occasionnant une dépense trop
importante qui nécessite son aide ou d’autres causes (acceptables). Si tel est
le cas, le geste ne représente aucun inconvénient encore. Voir la réponse
donnée à la question n° 112511.

Si elle t’a réservé ce cadeau
sans aucun raison autre que la volonté de te privilégier par rapport aux
autres, le geste ne serait pas permis car le Prophète (Bénédiction et salut
soient sur lui) à émis l’ordre de traiter les enfants
avec équité en matière de donation. Ceci est rapporté par al-Bokhari
(2587) et par Mouslim (1623) d’après Nou’man ibn Bachir (P.A.a) selon lequel le Prophète (Bénédiction et salut
soient sur lui) a dit: Craignez Allahet soyez équitables envers vos enfants.

Les ulémas de la Commission
Permanente pour la Consultance ont dit: «Il n’est pas permis aux père et mère
de pratiquer la discrimination dans les dons qu’ils font à leurs enfants,
compte tenu de la parole du Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui):
Craignez Allahet soyez équitables
envers vos enfants.
Car agir de la sorte est de nature à provoquer la jalousie
, la rancune, la haine, l’inimitié et la rupture entre frères, choses
incompatibles avec la loi religieuse purifiée venue encourager la cohésion des
les liens, l’affection et la compassion au sein des proches parents et
collatéraux.» Extrait des fatwa de la Commission permanente (16/225).

Les ulémas ont précisé que la
mère est comme le père dans le devoir de traiter les enfants équitablement. Ibn
Qoudama dit: «L’interdiction de pratiquer une
discrimination au sein de ses enfants en matière de donation ne fait pas la
distinction entre le père et la mère car le Prophète (Bénédiction et salut
soient sur lui) a dit: Craignez Allahet soyez équitables envers vos enfants. Or elle est l’un des parents.
Aussi lui est il interdit de faire preuve de discrimination comme il est
interdit au père de le faire. Car ce qui résulte de ce comportement, pratiqué
par le père,en fait de jalousie de
d’hostilité (entre les enfants) est le même qui en résulte quand il est
pratiqué par la mère. Ce qui explique qu’ils partagent le même jugement.»
Extrait d’al-Moughni (6/54-55).

Tu ne dois pas restituer les
bracelets ou leur prix aux héritiers de ta sœur maistu dois reverser le prix des bracelets dans
la succession de ta mère ou donner à chacune des héritières de ta mère sa part
selon la loi religieuse appliquée à la répartition des successions. Se référer
à toutes fins utiles la fatwa n° 178463.

Allah le sait mieux.

Source

Islam Q&A

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