Quelle est la meilleure attitude de la femme enceinte par rapport au jeûne ?
La femme enceinte est tenue dâobserver le jeĂ»ne comme les autres. Si toutefois elle craint pour sa propre santĂ© ou pour celle de son fĆtus, on lui permet de ne pas jeĂ»ner. Selon Ibn Abbas (P.A.a) la parole du TrĂšs Haut : Mais pour ceux qui ne pourraient le supporter qu' (avec grande difficultĂ©), il y a une compensation: nourrir un pauvre. Ă©tait une dispense accordĂ©e aux vieillards capables dâobserver le jeĂ»ne pour leur permettre de ne pas le faire et de se contenter de nourrir un pauvre pour chaque jour. Cette dispense profite aussi Ă la femme enceinte et Ă celle qui allaite si elles craignent que le jeĂ»ne ait des effets nĂ©fastes sur leurs enfants » (rapportĂ© par Abou Dawoud (2317) et dĂ©clarĂ© authentique par al-Albani dans Irwa al-Ghalil, 4/18, 25.
Il faut savoir que la non observance du jeĂ»ne par la femme enceinte est tantĂŽt permise, tantĂŽt obligatoire, tantĂŽt interdite; elle est permise quand le jeĂ»ne ne lui porte pas prĂ©judice, mais lui reste pĂ©nible. Et elle est obligatoire quand le jeĂ»ne peut lui porter prĂ©judice ou le porter Ă son fĆtus. Et elle est interdite quand le jeĂ»ne ne lui est pas pĂ©nible.
Cheikh Ibn Outhaymine (Puisse Allah lui accorder Sa misĂ©ricorde) dit : la femme enceinte se trouve dans lâun des deux cas : ou bien elle est forte et peut endurer le jeĂ»ne sans peine et sans aucun effet nocif sur son fĆtus. Une telle femme doit observer le jeĂ»ne parce quâelle nâa aucune excuse Ă ne pas le faire. Ou bien elle ne peut pas supporter le jeĂ»ne en raison dâune grossesse avancĂ©e ou dâune dĂ©bilitĂ© physique ou dâautres choses. Dans ce cas, elle sâabstient de jeĂ»ner obligatoirement si le prĂ©judice concerne son enfant . Fatawa cheikh Ibn Outhaymine, 1/487.
Cheikh Ibn Baz (Puisse Allah lui accorder Sa misĂ©ricorde) dit : « La femme enceinte et celle qui allaite sont assimilĂ©es au malade ; si le jeĂ»ne leur est pĂ©nible, il leur est permis de ne pas lâobserver. Mais dans ce cas, elles devront effectuer un jeĂ»ne de rattrapage, quand elles le pourront, comme le malade. Certains ulĂ©mas soutiennent quâil leur suffit de nourrir un pauvre pour chaque jour non jeĂ»nĂ©. Cet avis est faible et laisse Ă dĂ©sirer. Ce qui est juste, câest quâelles devront effectuer un jeĂ»ne de rattrapage Ă lâinstar du malade en vertu de la parole dâAllah le Puissant et Majestueux : Quiconque d' entre vous est malade ou en voyage, devra jeĂ»ner un nombre Ă©gal d' autres jours. (Coran, 2 : 184). Cela sâatteste encore dans le hadith dâAnas Ibn Malick al-Kaabi selon lequel le Messager dâAllah (bĂ©nĂ©diction et salut soient sur lui) a dit : Certes, Allah a dispensĂ© le voyageur, la femme enceinte et celle qui allaite de la moitiĂ© de la priĂšre et du jeĂ»ne (rapportĂ© par les Cinq). Extrait de Tuhfat al-ikhwan bi adjwibatin muhimmatin ta taâallaqu bi arkane al-islam, p. 171. Allah le sait mieux.