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15,91519/Jumada al-thani/1436 , 08/avril/2015

Ali a-t-il prĂȘtĂ© le serment d’AllĂ©geance Ă  Abou Baker (P.A.a)?

Question: 147540

Nombreux sont les chiites qui prĂ©tendent qu’Ali ibn Abi Talib (P.A.a) n’avait jamais prĂȘtĂ© le serment d’allĂ©geance Ă  Abou Baker. Ils disent que sa main Ă©tait fermĂ©e et qu’il ne l’avait jamais tendue (ouverte pour serrer celle d’Abou Baker).
Je me demande si le cheikh est en mesure de m’aider à comprendre ce qui se passa, s’il plaüt à Allah.

Texte de la réponse

Louanges à Allah et paix et bénédictions sur le Messager d'Allah et sa famille.

Louanges Ă  Allah

PremiĂšrement, la prestation du serment d’allĂ©geance de la part d’Ali ibn Abi Talib devant Abou Baker est confirmĂ©e dans les Deux Sahih, mĂȘme si elle est dĂ©clarĂ©e survenir quelques mois plus tard aprĂšs celle des autres. D’aprĂšs Aicha (P.A.a) son pĂšre se rendit chez Ali ibn Abi TalibaprĂšs l’avoir convoqué Ali prononça la profession de foi puis dit: Nous reconnaissons ton mĂ©rite et tout ce qu’Allah t’a donnĂ© et nous ne te jugeons pas indigne d’un bien qu’Allah t’a apportĂ©. Toutefois, tu t’es rĂ©servĂ© le commandement alors que nous croyions , Ă  cause de notre Ă©troit lien de parentĂ© avec le Messager d’Allah (BĂ©nĂ©diction et salut soient sur lui), que nous en avons une part. A cet instant, des larmes dĂ©bordaient des yeux d’Abou Baker qui prit tout de suite la parole pour dire:

– Au nom de Celui qui tient mon Ăąme en Sa main, entretenir les liens de parentĂ© du Messager d’Allah (BĂ©nĂ©diction et salut soient sur lui) m’est prĂ©fĂ©rable Ă  l’entretien de mes propres liens de parentĂ©. Quant au diffĂ©rend qui m’opposa Ă  vous Ă  propos de ces biens, je n’en ai fait qu’une bonne gestion puisque j’ai fait que ce que j’avais vu le Messager d’Allah (BĂ©nĂ©diction et salut sur lui ) faire.

–Je te donne rendez vous ce soir pour te prĂȘter le serment d’allĂ©geance.

Quant Abou Baker termina la priĂšrede dhouhr, il monta sur la chaire, prononça la profession de foi, Ă©voqua l’attitude d’Ali, notamment le retard de sa prestation du serment d’allĂ©geance et son excuse,et sollicita le pardon (divin) pour lui. Ensuite , Ali prononça la profession de foi, rendit un hommage mĂ©ritĂ©Ă  Abou Baker et affirma qu’il ne s’était pas comportĂ© comme il l’avaitfait parce qu’il jugeai Abou Baker indigne de la charge ni parce qu’il ignorait le mĂ©rite qu’Allah lui avait accordĂ© mais tout simplement parce qu’il croyait qu’une part du commandement lui revenait de droit et qu’on lui en avaitinjustement privĂ©, ce dont il s’était offusqué L’échange apporta une grande joie aux musulmans qui donnĂšrent raison Ă  Ali etlui furent plus favorable aprĂšs son bon revirement.» (RapportĂ© par al-Bokhari,3998 et par Mouslim,1759). Une autre version de Mouslim est conçue comme suit:« Puis Ali se leva, rendit un hommage mĂ©ritĂ© Ă  Abou Baker en insistant sur ses vertus et ses bons actes du passĂ© avant d’aller lui prĂȘter le serment d’allĂ©geance. Les gens allĂšrent dire Ă  Ali: Tu as bien fait. En effet, ils lui furent plus favorables aprĂšs son bon revirement.»

An-Nawawi (Puisse Allah lui accorder Sa misĂ©ricorde) dit:« S’agissant du retard de sa prestation du serment d’allĂ©geance, Ali l’a confirmĂ© et s’en est excusĂ© auprĂšs d’Abou Baker (P.A.a), selon ce hadith. Cependant, ce retard ne diminue en rien la valeur de l’acte ni ne remet en cause son auteur.

Quant Ă  la prestation du serment d’allĂ©geance, les ulĂ©mas sont tous d’avis que sa validitĂ© ne dĂ©pend pas de la participation de tous les concernĂ©s ni mĂȘme de la participation de l’ensemble de ceux ‘qui lient et dĂ©lient’ (collĂšge des grands Ă©lecteurs).La participation de ceux parmi les ulĂ©mas, les chefs et les dignitaires qu’on est en mesure de rassembler suffit pour la valider.

L’attitude initiale d’Ali ne le remet pas en cause car il n’est pas nĂ©cessaire que chaque individu concernĂ© se prĂ©sente Ă  l’imam, lui serre la main et lui prĂȘte ledit serment. Ce qui reprĂ©sente une obligation individuelle, c’estde se soumettre au choix de ceux ‘qui lient et dĂ©lient’. C’est de ne pas s’y opposer ouvertement en le contestant.

VoilĂ  ce que fit Ali (P.A.a) au cours de la pĂ©riode antĂ©rieure Ă  sa prestation du serment d’allĂ©geance. En effet, il ne s’était pas opposĂ© Ă  Abou Baker ni n’avait il fait sĂ©cession. Il ne s’était retardĂ©Ă  procĂ©der Ă  l’acte d’allĂ©geance que pour l’excuse qu’il Ă©voqua dans le hadith. Sa prĂ©sence ou celle de tout autre n’étaient pas requise pour lavalidationdudit acte, ce qui explique qu’il n’estimait pas devoir ĂȘtre prĂ©sent dĂšs le dĂ©but. On n’avait jamais rapportĂ© de lui une remise en cause de la prestation du serment d’allĂ©geanceni une opposition Ă  cet acte. Il ne s’étaitretardĂ© que parce qu’il avait Ă  faire (Ă  Abou Baker) un reproche qu’il fallait auparavant expliquĂ©.

Le reproche dĂ©coulait au fait que, vu son Ă©minence et son mĂ©rite que tout prouvait, sa proche parentĂ© avec le ProphĂšte (BĂ©nĂ©diction et salut soient sur lui) etc., il croyait qu’on ne devait rien dĂ©cidersans sa prĂ©sence et avant de le consulter. Quant Ă  Abou Baker, Omar et l’ensemble des autres Compagnons, ils avaient une excuse claire puisqu’ils jugeaient que la rapide rĂ©alisation de la prestation du serment d’allĂ©geance reprĂ©sentait l’un des intĂ©rĂȘts majeurs des musulmans. Ils craignaient que son retardement ne pĂ»t provoquerla division, la dissension et des tiraillements susceptibles d’avoir d’énormes consĂ©quences nĂ©gatives.

C’est pour cette considĂ©ration qu’ils diffĂ©rĂšrent l’enterrement du ProphĂšte (BĂ©nĂ©diction et salut soient sur lui) et organisĂšrent d’abord la cĂ©rĂ©monie de prestation du serment d’allĂ©geance qu’ils jugeaientla tĂąche la plus importante qui devait leur Ă©viter une dispute Ă  propos de son lieu d’enterrement, de la maniĂšre dont il fallait habiller son corps, de la maniĂšre dont il fallait le laver, lui faire la priĂšre mortuaire ,etc. Ă  un moment oĂč il n’y aurait personne pour trancher. VoilĂ  pourquoi, ils firent de l’organisation de la cĂ©rĂ©monie de prestation du serment d’allĂ©geance leur premiĂšre tĂąche.» Extrait de charh Mouslim (12/77-78).

Al-Hafedz Ibn Hadjar (Puisse Allah lui accorder Sa misĂ©ricorde)dit: On dirait qu’ils (les Compagnons) trouvaient une excuse au retard de sa prestation du serment d’allĂ©geance puisqu’il (Ali) s’employait Ă  soigner Fatima, alors malade, et Ă  la consoler de la tristesse qu’elle Ă©prouvait suite Ă  la perte de son pĂšre (BĂ©nĂ©diction et salut soient sur lui) mais aussi de sa colĂšre suscitĂ©e par la rĂ©ponse d’Abou Baker opposĂ©e Ă  sa demandede recevoir la succession (du ProphĂšte), colĂšre qu’Ali entendait partager Ă  travers son abstention (de se rendre auprĂšs d’Abou Baker). Extrait de Fateh al-Bari (7/494).

DeuxiĂšmement, il est aussi rapportĂ© qu’Ali prĂȘta le serment d’allĂ©geance Ă  Abou Baker dĂšs le dĂ©but et qu’il n’y eut aucun retard. NĂ©anmoins, l’authenticitĂ© de la version allant dans ce sens fait l’objet de rĂ©serves . Le hadith est rapportĂ© par la voie de Wouhayb ibn Khalid d’aprĂšsDawoud ibn Abi Hind d’aprĂšs Abou Nousrah d’aprĂšs Said. Quatre compagnons de Wouhayb ibn Khalid ont reçu le hadith de lui. Trois d’entre eux l’ont retransmis sous une forme succincte qui omet la mention de la prestation du serment d’allĂ©geance de la part d’Ali et Zoubayr au tout dĂ©but du califat d’Abou Baker. Les trois rapporteurs en question sont:

-Affan ibn Mouslim.

Nous indiquerons dans la vĂ©rification de la version reçue de lui et expliquerons l’erreur de celui qui affirme qu’il aborda l’affaire de la prestation du serment.

-Abou Dawoud at-Tayalissi dans al-Mousnad (1/495 n° 603) et par sa voie Ibn Assakir dans Tarikh Dimashq (19/314).

-Zouhayr ibn Ishaq, un mĂ©diocre traditionniste, d’aprĂšs ce qui est affirmĂ© dans Mizan al-Itidall (2/82), qui l’a transmis Ă Ibn Ady selon al-Kamil (3/223) et qui dit: Je ne connais aucun rapporteur qui aurait reçu le hadith de Dawoud en dehors de Zouhayr ibn Isaac et Wouhayb. Le premier a rapportĂ© de bons hadiths. Celui parmi les habitants de Bassora qui a transmis le plus grand nombre de ses hadith est Muhammad ibn Abi Baker al-Maqdamique j’espĂšre ĂȘtre un bon rapporteur. Certes, Ibn Ma’ien lui reproche d’avoir rapportĂ© un hadith dont la chaĂźne des rapporteurs est rompue, comme nous l’avons indiquĂ©. Ce qui n’empĂȘche pas que ses hadiths transmis Ă  travers une chaine ininterrompue soient bons dans l’ensemble.

Quant au quatriĂšme rapporteur ayant reçu le hadith de Wouhayb ibn Khalid, il a transmis la version compĂšte dans laquelle on a mentionnĂ© la prestation du serment d’allĂ©geance par Ali et Zoubayr au profit d’Abou Baker (P.A.a). Ce rapporteur n’est autre qu’al-Moughira ibn Salama, surnommĂ© Abou Hisham al-Makhzoumi, un homme tout-Ă -fait sĂ»r d’aprĂšs ce qui est dit dans Tahdhib at-tahdhib (10/261) l’a transmis Ă  l’imam al-Bayhaqui dans as-Sunan al-koubra (8/143) oĂč ce dernierdit:«Aboul Hassan, Ali ibn Muhammad ibn Ali, al-Hafez al-isfraiini, nous a informĂ© d’aprĂšs Abou Ali, al-Housein ibn Ali, al-hafedh, d’aprĂšs Abou Baker , Muhammad ibn Isaac ibn Khouzyma et Ibrahim ibn Abi Talib d’aprĂšs Bindar ibn Bashar d’aprĂšs Abou Hisham al-Makhzoumi qui le tenait de Wouhayb
puis il mentionne le hadith comme indiquĂ© ci-dessus.

Abou Ali al-hafedh dit: j’ai entendu Muhammad ibn Isaac ibn Khouzayma dire:« Mouslim ibn Hadjdjadj est venut m’interroger Ă  propos de ce hadith et je lui ai rĂ©digĂ© un papier avant de le lui lire. Il me dit :

–Ce hadith vaut une chamelle

– Une chamelle! disons plutît la lune au firmament.

L’expression il mentionne le hadith comme indiquĂ© ci-dessus renvoie Ă  la version qui cite la prestation du serment d’allĂ©geance comme celle citĂ©e dans Tarikh Dimasq (30/277) par l’imam, Ibn Assakir, lui-mĂȘme.

L’imam, adh-Dhahabi (Puisse Allah lui accorder Sa misĂ©ricorde) a dit aprĂšs avoir citĂ© la version qui mentionne la prestation du serment d’allĂ©geance (par Ali et Zoubayr): En dĂ©pit de la bonne qualitĂ© de sa chaĂźne de transmission, on y trouve des choses contestables, rĂ©flĂ©chis-y. Extrait d’al-Mouhadhdhab (6/3239).

Quant à la divergence affectant ce qui est reçu d’Affan, elle comporte deux aspects qu’on peutexpliquer comme suit:

Le premier concerne la version des grands imams reçue d’Affan, une version succincte qui ne mentionne pas la prestation du serment d’allĂ©geance d’Ali et Zoubayr au profit d’Abou Baker (P.A.a). Cette version se prĂ©sente comme suit: «DĂšs le dĂ©cĂšs du Messager d’Allah (BĂ©nĂ©diction et salut soient sur lui) des orateurs issus des Ansari se levĂšrent etcertains d’entre eux dirent : ĂŽ immigrĂ©s, certes, chaque fois que le Messager d’Allah (BĂ©nĂ©diction et salut soient sur lui) envoyait un Ă©missaire issus de vos rangs, il lui dĂ©signait un adjoint issu des nĂŽtres, ce qui nous fait penser que le pouvoir doit revenir Ă  deux hommes , l’un de vous et l’autre de nous. A cet instant, Zayd ibn Thabit se leva pour dire:« Certes, le Messager d’Allah (BĂ©nĂ©diction et salut soient sur lui) appartenait aux ImmigrĂ©s, et, nous, nous sommes ses alliĂ©es. DĂšs lors, l’imam doit ĂȘtre issu des ImmigrĂ©s et nous nous resterons les alliĂ©s du Messager d’Allah (BĂ©nĂ©diction et salut soient sur lui) comme nous l’avions toujours Ă©tĂ©. Abou Baker (Puisse Allah lui accorder Sa misĂ©ricorde) prit la parole pour dire: Ô communautĂ© des Ansari! Puisse Allah vous rĂ©server une bonne rĂ©compense. Puisse-t-Il raffermir votre orateur. S’il s’était exprimĂ© autrement, nous ne serions pas d’accord avec vous. (RapportĂ© par Ibn Abi Chayba dans al-Mousannaf (7/430) et par l’imam Ahmad dans al-Mousnad (35/489) Ă©dition de l’établissement ar-Rissala et par Ibn Saad dans at-Tabaqaat (3/212) et par al-Baladhari dans Ansaab al- ashraaf (3/318) selon la numĂ©rotation de la Chamila et par Ahmad ibn al-Qassim ibn al-Miswaar al-Djawahiri d’aprĂšs at-Tabari dans al-Mou’djam al-kabiir (5/114) et par Djaafar as-Saygh d’aprĂšs Ibn Ady dans al-Kamil (3/223) oĂč ce dernier dit:« Ali ibn Ahmad ibn Marwan nous a racontĂ© d’aprĂšs Abou Saqer al-Warraq, et Yhaya ibn Dawoud al-Baghdadi d’aprĂšs Muhammad ibn Mounir ibn Saghir d’aprĂšs Djaafar as-Sayegh qui le tenait d’Affan


Adh-Dhahabi dit de cette version: sa chaĂźne de transmission est authentique. Siyar aalaam an-noubalaa (2/433). Al-Haythami dit Ă  propos de la mĂȘme version: Elle est citĂ©e par at-Tabarani et par Ahmad et ses rapporteurs sont ceux du Sahih. Extrait de Madjma’ az-Zawaid (5/183).

Le deuxiĂšme aspect consiste dans un hadith rapportĂ© par l’un des compagnons d’Affan ibn Mouslim dans une longue version qui mentionne la prestation du serment d’Ai ibn Abi Talib et Zoubayr au profit d’Abou Baker as-Siddiq (P.A.a). En voici le texte: «DĂšs le dĂ©cĂšs du Messager d’Allah (BĂ©nĂ©diction et salut soient sur lui) des orateurs issus des Ansari se levĂšrent etcertains d’entre eux dirent: ĂŽ ImmigrĂ©s, certes, chaque fois que le Messager d’Allah (BĂ©nĂ©diction et salut soient sur lui) envoyait un Ă©missaire issus de vos rangs, il lui dĂ©signait un adjoint issu des nĂŽtres, ce qui nous fait penser que le pouvoir doit revenir Ă  deux hommes , l’un de vous et l’autre de nous. D’autres orateurs Ansari se succĂ©dĂšrent Ă  la prise de la parole
 C’est alorsque Zayd ibn Thabit se leva pour dire:« Certes, le Messager d’Allah (BĂ©nĂ©diction et salut soient sur lui) appartenait aux ImmigrĂ©s et nous, nous sommes ses alliĂ©es. DĂšs lors, l’imam doit ĂȘtre issu des ImmigrĂ©s et nous nous resterons les alliĂ©s du Messager d’Allah (BĂ©nĂ©diction et salut soient sur lui) comme nous l’avions toujours Ă©tĂ©. Abou Baker (Puisse Allah lui accorder Sa misĂ©ricorde) prit la parole pour dire: Ô communautĂ© des Ansari! Puisse Allah vous rĂ©server une bonne rĂ©compense. Puisse-t-Il raffermir votre orateur. Puis il poursuivit: Si vous aviez agiautrement, nous neserions pas avec vous. Zayd ibn Thabit se saisit de la main d’Abou Baker et dit: VoilĂ  votre compagnon! Venez lui prĂȘter le serment d’allĂ©geance. Les gens se prĂ©cipitĂšrent Ă  le faire.

Quand Abou Baker s’installa sur la chaire , il dĂ©visagea les prĂ©sents, se rendit compte de l’absence d’Ali (P.A.a) et demanda d’aprĂšs lui. Des Ansari allĂšrent le chercher et revinrent avec lui. Abou Baker (P.A.a) lui dit:

– Cousin et gendre du Prophùte! Veut-tu diviser les musulmans?

–Aucun reproche, ĂŽ calife du Messager d’Allah! Puis il lui prĂȘta le serment d’allĂ©geance.

Comme Abou Baker n’avait pas vu Zoubayr ibn al-Awwam (P.A.a), il demanda aprùs lui et l’on alla le faire venir. Il lui dit:

–Ô fils de la tante paternelle du Messager d’Allah et son apître! Veut-tu diviser les musulmans?

–Aucun reproche, ĂŽ calife du Messager d’Allah! Puis il lui prĂȘta le serment d’allĂ©geance.» (RapportĂ© par Djaafar ibn Muhammad ibn Chakir d’aprĂšs Affan sous cette version extensive citĂ©e par al-Hakim dans al-Moustadrak (3/80). C’est de ce dernier et de son maitre, Abou Muhammad al-mouqri, qu’al-Bayhaqui a rapportĂ© le hadith dans as-Sunan al-koubraa (8/143). Al-Hakim dit du hadith qu’il est authentique selon les conditions retenues par les Deux Cheikh (Bokhari et Mouslim) mĂȘme s’ils ne l’ont pas citĂ©.» Adh-Dhahabi le passa sous silence dans at-Takhliis.

Djaafar ibn Muhammad ibn Chakir, bien que jugĂ© sĂ»r par al-Khatib al-Baghdadi et ibn al-Mounadi et Mouslima ibn al-Qassim d’aprĂšs Tahdhib at-Tahdhib (2/102), ne s’en dĂ©marqua pas moins des grands imams qui maĂźtrisaient mieux que lui les hadiths d’Affan ibn Mouslim.

La version authentique reçue d’Affan est celle abrĂ©gĂ©e qui ne mentionne pas la prestation du serment d’allĂ©geance par Ali ibn Abi Talib devant Abou Baker lors de la sĂ©ance sus indiquĂ©e.

Saad ibn Iyas al-Hariri emboita le pas Ă  Dawoud ibn Abi Hind en adoptant la version transmise par Abou Nadhir qui mentionne la prestation du serment d’allĂ©geance par Ali et Zoubayr Ă  Abou Baker (P.A.a) d’aprĂšs ce qui est citĂ© dans Tarikh ad-Dimashq (30/278). Mais sa chaĂźne comprend Ali ibn Assim ibn Souhayb al-Wassiti, rĂ©putĂ© pour la frĂ©quencede ses erreurs dans la transmission des hadiths qui firent dire Ă  Ali ibn al-Madini:Ali ibn Assim commettait beaucoup d’erreurs et refusait de les reconnaitre quand on y attirait son attention. Ce jugement Ă©tait partagĂ© par les autres critiques. Voir Tahdhib at-Tahdhib (7/348).

TroisiĂšmement, en somme, la vraie prestation du serment d’allĂ©geance par Ali ibn Abi Talib devant Abou Baker est celle citĂ©e dans les Deux Sahih (Bokhari et Mouslim). Quant Ă  la prestation du serment d’allĂ©geance citĂ©e dans le hadith rapportĂ© d’Abou Said al-Khoudri son authenticitĂ© est discutable.

Quant Ă  l’allĂ©gation des menteurs rafidites selon la quelle Ali ibn Abi Talib fut contraint Ă  prĂȘter le serment d’allĂ©geance Ă  Abou Baker , elle est complĂštement fausse parce que dictĂ©e par un entĂȘtementcriard doublĂ© d’un aveuglement exagĂ©rĂ© qui occulte les vĂ©ritĂ©s reçues grĂące Ă  des chaĂźnes sĂ»res. Celui qui se comporte de la sorte ne mĂ©rite pas qu’on entre en discussion avec lui car il fait fi de tous les fondements de l’argumentation logique. Or, Allah le Puissant dit :DĂ©tourne-toi des ignorants. (Coran,7:199). Allah le sait mieux.

Cheikh al-islam, Ibn Taymiya, (Puisse Allah lui accorder Sa misĂ©ricorde) dit: On sait grĂące Ă  des voies concordantes que seuls Saad ibn Obada tarda Ă  prĂȘter le serment d’allĂ©geance Ă  Abou Baker as-Siddiq (P.A.a). Quant Ă  Ali et le reste du clan des Banou Hachim, ils lui prĂȘtĂšrent le serment d’allĂ©geance de l’avis de tous. Aucun d’entre eux ne mourut avant de lui prĂȘter ledit serment. On dit toutefois qu’Ali mit six mois Ă  le faire. On dit encore qu’il le fit au lendemain ( de la cĂ©rĂ©monie officielle). Toujours est-il qu’ils le firent tous sans contrainte aucune. Voir Minhadj as-Sunna (8/232).

Allah le sait mieux.

Source: 

Islam Q&A

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Ali a-t-il prĂȘtĂ© le serment d’AllĂ©geance Ă  Abou Baker (P.A.a)? - Islam en questions et rĂ©ponses