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3686513/12/2014

Née d’une mère musulmane mariée à un chrétien, elle s’interroge sur le statut de ses relations avec son père et avec ses sœurs non musulmanes

Question: 220426

Je suis une fille musulmane vivant en Occident. Malheureusement, ma mère a épousé un chrétien (mon père) devant un tribunal civil et ils ont vécu ensemble pendant 20 ans et fait sept enfants dont moi-même. Ensuite, ils se sont séparés-Allah soit loué. Notre famille nous a donné le choix de la religion que nous voulons adopté une fois majeurs. C’est ainsi – Allah soit loué- que certaines de mes sœurs se sont converties à l’islam tandis que deux autres se sont converties au christianisme et se sont fait baptisées après leur atteinte de la majorité. Puis elles ses sont mariées avec des chrétiens. Je n’ai pas assisté à leurs cérémonies de mariage et je n’entretiens aucun contact avec elles. C’est parce que je sais que quand la mère est musulmane, ses enfants doivent l’être spontanément. Dès lors, si l’un quelconque des enfants est baptisé après l’âge de la majorité, il doit être considéré comme un apostasié.

Toutefois, ma mère et mes sœurs musulmanes les traitent doucement et recommandent qu’on les aide comme si elles étaient musulmanes. Voilà pourquoi j’espère qu’on me clarifie ce qui suit: comment devrais-je traiter mes sœurs non musulmanes à la lumière du Coran et de la Sunna? Quels sont mes devoir envers mon père non musulman? Est-il permis de solliciter l’aide de mes sœurs chrétiennes?

Louanges à Allah et paix et bénédictions sur le Messager d'Allah et sa famille.

Louanges à Allah

Premièrement, le fait pour une musulmane d’épouser
un mécréant est interdit sans aucune contestation au sein des musulmans. C’est l’un des péchés
majeurs qui suscitent la colère de Celui qui connait les mystères.
Allah Très-haut: Et ne donnez pas d’épouses
aux associateurs tant qu’ils n’auront pas la foi, et certes, un esclave croyant vaut mieux
qu’un associateur même s’il vous
enchante.
(Coran,2:221) Le
Très-haut dit encore: Ô vous qui avez cru! Quand les croyantes viennent
à vous en émigrées, éprouvez-les; Allah connaît mieux leur
foi; si vous
constatez qu’elles sont croyantes, ne les renvoyez pas aux mécréants. Elles ne sont pas licites
(en tant qu’épouses) pour eux, et eux non plus ne sont pas licites
(en tant qu’époux) pour elles.
(Coran,60:10).
Le contrat établissant un tel mariage
est nul. Celui qui le contractetout en en connaissant l’illégalitédevient incontestablement mécréant. Se référer
à propos du statut de cette question à la fatwa n° 170862.

Deuxièmement, les jurisconsultes
ont précisé que l’enfant
adopte la religion de celui
de ses père et mère qui suit la meilleure
religion. Ceci se conçoit dans certains cas : quand
un musulman épouse une chrétienne, l’enfant est jugé
musulman. Il en relève ce dont parle
l’érudit hanafite Ibn al-Abidineen ces termes: L’enfant
suit celui de ses père et mère qui possède la meilleure religion. Ceci se conçoit des deux côtés quand l’adoption
de l’islam survient après qu’ils avaient été mécréants. Si, dans ce
cas, l’époux se convertitou sil’épouse se convertila première et fait un enfant avant la conversion de l’autre..

Extrait de ad-durr al-moukhtar et de Hachiatou Ibn Abidiine
(3/196).

On lit dans al-Bahr ar-raaiq
charh kanz ad-daqaaiq (2/205): Si l’un de ses père
et mère se convertit à l’islam, on le juge musulman, que l’enfant soit
tout jeune ou capable de discernement car l’enfant doit adopter la religion de celui
ou cellede ses père et mère qui suit la meilleure religion.

Si jamais une musulmane épouse
un mécréant, son mariage, bien que
nul, n’en entraîne pas moins l’appartenance à l’islam des enfants comme leur mère.
On lit dans Badaai
as-sanai fii tartib ach-charai (7/139): Si un apostasié épousait une musulmane
et avait un enfant avec elle
ou si un non musulman couvrait une esclave musulmane
et si elle faisait un enfant, celui serait jugé musulman
et hériterait de son père étant donné la confirmation de la
filiation. Si la mère était une
mécréante, l’enfant ne serait pas jugé
musulman car l’un des
parents n’est pas musulman.

Troisièmement, s’il arrivait qu’une musulmane épouse un mécréant, si le couple croit le mariage valide parce qu’ils
ignorent son interdiction dans
la loi d’Allah, il en résulte une
filiation juste à cause de l’ambigüité qui résulte de leur croyance de la validité dumariage. S’ils savent le mariage interdit, il n’en résultera pas une filiation légale.

Ibn Qoudama (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit: Si un homme épouse
une femme en délai de viduité alors que
l’un et l’autre sont conscientsde l’état de viduité et de l’interdiction du mariage qu’il implique
et s’ils entretiennent un
rapport intime, ils sont tous les deux
coupables d’adultère et doivent en subir la peine. La femme n’aura pas de dot
et la filiation de l’enfant
qui en naîtrait ne serait pas établieen faveur de l’adultérin. S’ils ignoraient l’état de viduité ou l’interdiction du mariage qui l’accompagne, la filiation de l’enfant serait
établie en faveur de l’adultérin et la peine serait supprimée et une dote versée (à la femme). Si elle seule savait
(la réalité des choses), elle serait passible
de la peine et ne recevrait pas de dot et la filiation de l’enfant serait établie en faveur de l’adultérin. Il n’en est ainsi
que parce qu’il s’agit d’un mariage jugé unanimement
nul et assimilable au mariage incestueux.
Extrait d’al-Moughni
(8/127). Voir Kasef
al-quinaa (13/44) édition
du ministère et Matalibou ouli an-Nouha (5/579).

Cheikh
al-islam, Ibn Taymiya,
(Puisse Allah Très-haut lui accorder Sa miséricorde) a été interrogé en ces
termes à propos d’un homme ayant répudié sa femme trois fois et reçu l’avis
d’un mufti selon lequel la répudiation n’est pas effectif, avis dont
l’application de la part du mari l’a amené à avoir un rapport avec la répudiée
d’où la naissance d’un enfant qualifié de bâtard?

Voici
sa réponse:

L’auteur
d’un tel avis beigne dans la plus grande ignorance, dans une aberration totale
et une opposition à Allah et à Son Messager. Car tous les musulmans sont d’avis
que l’enfant issu d’un mariage jugé valide par le mari lui est affilié et
qu’ils héritent l’un de l’autre de l’avis unanime desmusulmans, même si ledit mariage était en
réalité nul selon l’avis de tous les musulmans; que le mari soit mécréant ou
musulman.

Si un
juif épousait sa nièce et faisait un enfant avec elle, on le lui affilierait et
il hériterait de lui, à l’avis de tous les musulmans, bien que le mariage soit
jugé nul de l’avis unanime des musulmans.» Voir le reste de la fatwa dans Madjmou al-fatwa
(34/13) et suivants.

Abou Hanifa a choisi l’établissement de la filiation dans un
sens absolu, même si les deux partenaires savaient leur mariage interdit,
compte tenu de l’existence formelle du mariage, contrairement à l’avis de ses
deux compagnons. Voir al-Mabsout d’as-Sarakhsi (17/133), ahkaam
adh-dhimmiyiin wal-moustamanii
fii darilislam par Dr. AbdoulKarim Zaydan (291-292).

Quatrièmement,
ce qui précède permet de savoir que vos deux sœurs converties au christianisme
et baptisées comme telles se sont donc apostasiées. Or, il n’est pas permis
d’entretenir des liens d’affection avec un apostat. Il faut plutôt lui vouer la
haine et les désavouer, compte tenu de la parole du Très-haut: Tu n’en
trouveras pas, parmi les gens qui croient en Allah et au Jour dernier, qui
prennent pour amis ceux qui s’opposent à Allah et à Son Messager, fussent-ils
leurs pères, leurs fils, leurs frères ou les gens de leur tribu. Il a prescrit
la foi dans leurs cœurs et Il les a aidés de Son secours.
(Coran,58:22). Evoquant la situation de Noé avec son fils, le
Très-haut dit: Et Noé invoqua son Seigneur et dit: “Ô mon Seigneur,
certes mon fils est de ma famille et Ta promesse est vérité. Tu es le plus
juste des juges”. Il dit: “Ô Noé, il n’est pas de ta famille
car il a commis un acte infâme. Ne me demande pas ce dont tu n’as aucune
connaissance. Je t’exhorte afin que tu ne sois pas du nombre des
ignorants”.
(Coran,11:45-46). Le Très-haut dit
encore parlant d’Abraham (psl): Abraham ne demanda
pardon en faveur de son père qu’à cause d’une promesse qu’il lui avait faite.
Mais, dès qu’il lui apparut clairement qu’il était un ennemi d’Allah, il le
désavoua. Abraham était certes plein de sollicitude et indulgent.
(Coran,9:114).

Il
vous est toutefois permis de lui réserver un bon traitement dans le but de lui
inspirer le désir de renouer avec l’islam, à condition que vous soyez sûr
d’être à l’abri de toute tentative visant à vous faire pencher de leur côté et
d’être affecté par leur fausse propagande.

On
lit dans la fatwa de la Commission permanente (1-2/67): Il n’est pas permis de
nourrir de l’affection envers les mécréants ni de les fréquenter de manière à
s’exposer à la tentation. Cependant, on peutmanger avec eux, les fréquenteret leur réserver un bon traitement pour leur faire désirer l’islam. Cela
ne représente aucun inconvénient, si toutefois on reste à l’abri de leur
tentation et s’abstientde nourrir de
l’affection envers eux.
Voir la réponse donnée à la question
169985 et la réponse donnée à la question
115165.

Cinquièmement,
s’agissant en particulier de votre père, votre devoir est de lui assurer un bon
accompagnement. A ce propos, Allah Très-haut et Béni dit: Nous avons commandé
à l’homme (la bienfaisance envers) ses père et mère; sa mère l’a porté
(subissant pour lui) peine sur peine: son sevrage a lieu à deux ans. “Sois
reconnaissant envers Moi ainsi qu’envers tes parents. Vers Moi est la
destination Et si tous deux te forcent à M’associer ce dont tu n’as aucune
connaissance, alors ne leur obéis pas; mais reste avec eux ici-bas de façon
convenable. Et suis le sentier de celui qui se tourne vers Moi.

Ibn Kathir (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit:«
C’est-à-dire même s’ils manifestaient le plus ardent désir pour que tu les suives
dans leur religion, ne le leur accorde pas. Mais que cela ne vous empêche de
leur assurer un bon accompagnement ici bas. C’est-à-dire traitez les bien. Et suis le sentier de celui qui se tourne vers Moi.
C’est-à-dire les croyants.» Extrait du Tafsir
d’Ibn Kathir (6/337).

L’une
des preuve de la permission de faire preuve de piété filiale à l’égard du père
mécréant réside dans ce qui a été rapporté d’Asmaa
fille d’Abou Baker (P.A.a) qui dit: Ma mère , encore idolâtre, vint me voir du vivant du Messager
d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui). Je sollicitai l’avis de ce
dernier en lui disant que ma mère était venue me solliciter et je voulais
savoir si je pouvais l’aider. Il dit: oui, fais du bien à ta mère.
(Rapporté
par al-Bokhari , 2477 et par Mouslim,1003.
Faites de votre mieux pour l’inviter à l’islam en lui adoucissant le cœur. Voir
la réponse donnée à la question n° 95588 et
la réponse donnée à la question n° 27196.

Sixièmement,
solliciter l’aide d’un mécréant, qu’il soit un proche ou pas, fait l’objet d’un
détail. Si on ne craint pas de se laisser attirer par lui et de nourrir une
affection à son égard, il n’ y a aucun inconvénient à le solliciter et accepter
son aide. Si , en revanche, on risque de pencher
verslui et de s’exposer à la tentation
des fausses croyances qui l’animent, il n’est permis ni de solliciter ni
d’accepter l’aide d’un tel parent. Qu’on cherche plutôt l’aide de ses frères
musulmans.

Cheikh
Abdoul Aziz ibn Baz (Puisse Allah lui accorder Sa
miséricorde)a été interrogé en ces
termes: Comment juger le fait de solliciter et d’accepterl’aide des mécréants?

Réponse:
la question doit être examinée de façon détaillée. Si la demande et
l’acceptation de leur aide ne font pas craindre un préjudice religieux pour
celui qui les initie, il n’ y a aucun inconvénient à le faire. Si, en revanche,
la demande expose le demandeur à un danger, il n’est permis ni de laformuler ni d’accepter l’aide, compte tenu des arguments
religieux affirmant l’obligation de se méfier de tout ce qui est interdit par
Allah et de s’éloigner de tout ce qui suscite Son dépit.

Il a
été rapporté de façon sûre que le Prophète (Bénédiction et salut soient sur
lui) accepta des cadeaux venus de certains idolâtres mais pas de tous pour la
raison déjà évoquée, d’après ce que les ulémas ont précisé.

Allah
est le garant de l’assistance. Puisse Allah bénir et saluer notre Prophète
Muhammad, sa famille et ses compagnons.» Extrait du site du Cheikh (Puisse
Allah lui accorder Sa miséricorde) joignable à ce lien:

http://www.binbaz.org.sa/mat/2055

Allah
le sait mieux.

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