Prendre conscience des bienfaits et en exprimer la reconnaissance par le coeur, la langue et les organes

Question : 259676

13/08/2023

Notre Maître le Très-haut, le Transcendant, nous donne dans le noble Coran l’ordre de reconnaitre les bienfaits dont Il nous gratifie d’une manière ou d’une autre. Il a cité de très nombreux bienfaits dans ce passage: « Ô vous qui croyez ! Rappelez-vous le bienfait d'Allah sur vous, quand des troupes vous sont venues et que Nous avons envoyé contre elles un vent et des troupes que vous n'avez pas vues. Allah demeure Clairvoyant sur ce que vous faites. » Coran, 33:9)

Ma question est : comment reconnaitre le bienfait conformément à l’ordre que notre Maître nous a donné? S’agit-il de les étaler devant les autres ou de s’en souvenir en permanence? Puisse Allah vous récompenser par le bien?

Texte de la réponse

L’ordre cité dans ce noble verset est adressé aux croyants , notamment les Compagnons pour qu’ils se souviennent du bienfait, de la grâce et de la bienfaisance divine à leur égard, qui se sont matérialisés à travers la défaite infligée à leurs ennemis après l’echec de leur stratagème.C’est dans ce sens qu’Ibn Kathir (puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit: « le Très-haut dit pour nous informer de Son bienfait, de Sa grâce et de Sa bienfaisance envers ses fidèles serviteurs croyants qui ont consisté à détourner leurs ennemis d’eux et à les mettre en déroute pendant l’année au cours de laquelle ils s’étaient coalisés, l’an du fossé. » Extrait du Tafsir d’Ibn Kathir (6/383)

Chaquefois que l’ordre de se souvenir des bienfaits revient dans le Coran, c’est une invite à ancrer le souvenir dans le coeur en se représentant la grâce qu’Allah accorde à Ses fidéles serviteurs, en l’exprimant verbalement , en l’étalant et en exprimant la reconnaissance à travers le refus d’employer ses organes dans des affaires qui suscitent la colère d’Allah le Puissant et le Mjestueux.

Se souvenir d’un bienfait, c’est le reconnaître. La reconnaissance s’exprime par le coeur, par la langue et par les organes.Les différentes formes de reconnaissance se consolident. Autrement, elles seraient mensongères.

C’est dans ce sens qu’un poète dit:

« la reconnaissance de Ton bienfait envers moi a été triplement exprimée par ma main, ma langue et ma conscience »

Cheikh Ibn Outhaymine (puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit dans son explication de la parole du Très-haut: « Et rappelez-vous le bienfait d'Allah envers vous, ainsi que le Livre et la Sagesse qu'Il vous a fait descendre; par lesquels Il vous exhorte. Et craignez Allah, et sachez qu'Allah est Omniscient.» (Coran,2:231): « se souvenir (des bienfaits d’Allah) passe par le coeur, par la langue et les organes.La part de la langue est de dire: Allah m’a accordé une telle grâce puisque le Très-haut: « Et quant au bienfait de ton Seigneur, proclame-le» (Coran, 93: 11) On rend hommage à Allah le Puissant et Majestueux en disant: Seigneur, Tu mérites d’être loué pour m’avoir accordé de l’argent, une épouse, des enfants et d’autres choses pareilles.

La part du coeur consiste à se représenter les bienfaits pour reconnaître qu’ils proviennent d’Allah.Le rôle des organes est de les utiliser dans l’obéissance à Allah et de faire en sorte qu’Il voie les effets de Ses bienfaits sur Toi. » Extraits du Tafsir de la sourate de la Vache (3/132).

Al-Harawi a dit: «la reconnaissance peut revêtir trois acceptions: la simple connaissance du bienfait, sa reconnaissance et son étalage pour en louer Allah. »

Ibn al-Qayyim (puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a commenté les propos d’al-Harawi en ces termes: « connaître les bienfaits, c’est les avoir présents à l’esprit, les constater et les distinguer. Leur connaîssance est inhérente à leur représentation spirituelle.Leur acceptation c’est leur réception du Bienfateur. Cela passe par la manifestation du besoin qu’on a des bienfaits, l’admission qu’on bénéficie sans qu’Allah nous les doive et sans en avoir payé le prix.Mieux, on doit se considérer (à cet égard) comme un parassitaire.C’est ainsi qu’on atteste vraiement son acceptation (des bienfaits)

Ses propos: « les évoquer en Le louant » signifient :louer le Bienfaiteur à cause d’un bienfait s’exprime de deux manières, générale et particulière.L’expression générale consiste à qualifier le bienfait d’abondant, très abondant, bon, bienfaisant,cause d’une ample bienfaisance,etc.L’expression particulière réside dans l’étalage de Ses bienfaits pour informer (les autres) qu’on les a reçus de Sa part. C’est le sens à la parole du Très-haut dit: « Et quant au bienfait de ton Seigneur, proclame-le » (Coran,93:11)

L’étalage des bienfaits est l’objet de deux interprétations.L’une d’elles est qu’il s’agit d’évoquer le bienfait pour en informer les autres en disant: Allah m’a gratifié de ceci ou de cela. Pour Mouqatil,le verset signifie: « reconnais les bienfaits qu’Il dit t’avoir accordés dans cette sourate comme son appui à toi en tant qu’orphelin, ton orientation vers la bonne direction après l’érance et ton enrichissment après ta pauvreté.»

Evoquer un bienfait d’Allah, c’est en exprimer sa gratitude comme l’indique ce hadith de Djabir (hautement attribué): « que le bénéficiaire d’un bienfait en rende le pareil. S’il ne trouve pas de quoi le faire, qu’il rende hommage à son auteur.S’il le fait, il lui a témoigné de sa gratirude.S’il tait le bienfait, il l’a renié. Celui qui prétend recevoir un don dont il n’a pas bénéficié est comme celui qui porte un faux vêtement. » Ce hadith est rapporté par al-Boukhari dans al-Adab al-Moufrad (215) et jugé authentique par al-Albani.

Il y a là l’évocation de trois types de créatures: celle qui reconnait le bienfait et le mentionne dans la louange adressée (à son Auteur), celle qui le tait et la renie et celle qui prétend faussement en avoir bénéficié comme s’il se targuait de quelque chose qu’il n’a pas.

Une autre tradition (hautement attribuée) nous apprend: « celui qui ne reconnait que peu de bienfaisance n’en reconnait pas beaucoup.Celui qui n’est pas reconnaisant envers ses semblables ne l’est pas envers Allah.Reconnaitre les bienfaits d’Allah est une expression de gratitude, faire le contraire relève de l’ingratirude.Se rassambler c’est s’attirer la miséricorde (divine). Se diviser c’est s’exposer  au chatiment (divin). (rapporté par Abdoullah ibn Ahmad dans Zawaaid  al-Mousnad,18449 et jugé bon par al-Albani.

La seconde interprétation veut que l’évocation des bienfaits d’Allah recommandée dans le verset (93:11) c’est appeler les gens à Allah, transmettre le message venu de Lui, instruire la Umma.Pour Moudjahid, c’est la prophétie.Quant à Zadjdjadj, il dit: « cela veut dire: transmets (Muhammad) ton message et communique sur la prophétie dont Allah t’as investi.» S’agissant d’al-Kalbi, « le bienfait c’est le Coran qu’on lui demande de lire. » L’avis juste est que le verset englobe les deux aspects car l’un et l’autre impliquent un bienfait qu’il nous demande de  reconnaitre et d’en parler. L’annoncer, c’est le reconnaitre. » Extrait succinct de Madaaridj as-Saalikiine (2/237)

Ibn al-Qayyim (puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit sur la reconnaissance d’un bienfait: «elle s’appuie sur trois piliers: en éprouver une profonde grantitude,l’exprimer clairement et utiliser le bienfait de manière à satisfaire son Auteur. » Extrait de al-Wabil as-Sayyib.P.5.Voir la réponse donnée à la question n° 125984 .

Allah le sait mieux.

Réponses correspondantes

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Islam Q&A